La nouvelle architecture de sécurité s’appuie sur l’intégration des groupes de sécurité SharePoint et Microsoft 365 avec Azure Active Directory (Entra ID), permettant une stratégie de gestion des autorisations dans Microsoft 365 centralisée et évolutive pour la sécurisation des bibliothèques SharePoint.
À retenir :
- Migration serveur fichiers vers SharePoint Online nécessite réévaluation des droits d’accès pour sécurité
- Mapping précis des permissions NTFS vers SharePoint est crucial pour éviter ruptures d’accès
- Modèle d’autorisations SharePoint structuré en niveaux : Read, Contribute, Edit, Full Control
- Héritage des permissions : flexibilité dans SharePoint, mais complexité potentielle à gérer
- Préparation essentielle : créer groupes sécurité, documents de mapping avant migration
- Revue régulière des droits d’accès post-migration pour garantir la sécurité continue des données
Comprendre les modèles de permissions SharePoint Online et leurs différences avec NTFS
SharePoint Online repose sur un modèle d’autorisations structuré en niveaux distincts, contrairement aux droits NTFS classiques. Selon Microsoft, il existe trois types de permissions principales migrées : lecture, écriture et contrôle total (Source : Microsoft — 2025-04-06). Cette distinction constitue le socle de toute conception du modèle de sécurité SharePoint Online et conditionne la réussite de votre projet de migration.
Les niveaux de permission SharePoint : Lecture, contribution, Modification et administration
SharePoint Online propose quatre niveaux d’autorisation principaux. Le niveau Read – lecture permet uniquement la consultation de documents et de listes, sans possibilité de modification. Le niveau Contribute – Contribution autorise la création, la modification et la suppression d’éléments dans les bibliothèques et listes existantes. Le niveau Edit – Edition étend ces droits en permettant également la gestion des listes et des bibliothèques elles-mêmes. Enfin, le niveau Full Control – Administrateur accorde tous les droits, y compris la gestion des permissions et de la structure du site. Ces niveaux s’appliquent via des groupes de sécurité SharePoint ou directement à des utilisateurs, offrant une granularité adaptée aux besoins de l’organisation des groupes de sécurité pour SharePoint et Teams.
L’héritage des autorisations : ruptures entre NTFS et SharePoint
Dans un environnement NTFS, les droits d’accès se propagent automatiquement des dossiers parents vers les sous-dossiers, sauf rupture explicite. SharePoint Online fonctionne selon un principe similaire, mais avec des nuances importantes. Par défaut, les bibliothèques, dossiers et fichiers héritent des permissions définies au niveau du site. Toutefois, il est possible de rompre cet héritage à chaque niveau (site, bibliothèque, dossier, document). Cette flexibilité constitue à la fois un avantage et un risque : elle permet une gestion fine des droits, mais peut rapidement générer une complexité difficile à maintenir. Contrairement aux droits NTFS, qui s’appuient sur des ACL locales, le modèle d’autorisations SharePoint Online s’intègre nativement à Microsoft 365, permettant une gestion centralisée via Azure Active Directory.
Équivalences et limites lors du transfert des droits
Le tableau suivant synthétise les équivalences entre droits NTFS et permissions SharePoint :
| Droit NTFS | Équivalence SharePoint Online | Remarques |
|---|---|---|
| Lecture (Read) | Read | Consultation uniquement |
| Écriture (Write) | Contribute ou Edit | Selon le périmètre d’action |
| Modification (Modify) | Edit | Gestion de contenu et structure |
| Contrôle total (Full Control) | Full Control | Administration complète |
Plusieurs limites subsistent lors de la migration. Les permissions NTFS complexes, impliquant des groupes imbriqués ou des refus explicites (Deny), ne se transposent pas directement. SharePoint Online privilégie une logique d’autorisation positive, sans équivalent natif pour les refus. De plus, certaines organisations découvrent que leur gestion des droits d’accès dans Microsoft 365 nécessite une refonte complète pour éviter la prolifération d’autorisations personnalisées. Pour approfondir la gouvernance documentaire post-migration, consultez notre guide sur la stratégie gestion versions métadonnées techniques SharePoint Online. La phase suivante consiste à cartographier vos groupes de sécurité existants et à définir une nomenclature claire pour les traduire efficacement dans l’équivalence droits NTFS et permissions SharePoint.

Construire un mapping des groupes et permissions avant la migration
Pour réussir une migration de serveur de fichiers vers SharePoint Online, il est essentiel de préparer un plan de correspondance précis entre les groupes NTFS et les groupes Microsoft 365. Cette étape permet d’éviter les pertes d’accès et les doublons lors du transfert des données.
Créer des fichiers de mapping entre groupes AD et groupes Microsoft 365
La première étape consiste à documenter la correspondance entre les groupes Active Directory existants et les groupes de sécurité Azure AD pour SharePoint. D’après Microsoft, avant la migration, il faut identifier utilisateurs et groupes Microsoft 365, et préparer un fichier de correspondance pour préserver les permissions (Source : Microsoft — 2025-10-24). Ce fichier de mapping doit inclure le nom du groupe source, son équivalent dans Azure Active Directory, et les niveaux de permissions associés. Une refonte des droits d’accès lors d’une migration de serveur de fichiers est souvent nécessaire pour aligner l’architecture de sécurité sur les standards Microsoft 365.
Pré-créer les groupes à la destination pour conserver les autorisations
Il est recommandé de créer les Groupes Microsoft 365 et les groupes de sécurité dans le Centre d’administration Microsoft 365 avant le transfert des données. Cette approche permet de tester le contrôle d’accès basé sur les rôles (RBAC) et de valider que chaque utilisateur dispose des permissions appropriées. Un plan de gestion des accès utilisateurs et invités doit être établi pour définir qui aura accès aux sites, bibliothèques et documents une fois la migration terminée.
Utiliser des scripts PowerShell pour extraire les permissions existantes
PowerShell constitue un outil puissant pour automatiser l’extraction des permissions NTFS depuis le serveur de fichiers source. Les scripts permettent de générer un inventaire complet des groupes, des utilisateurs et de leurs droits d’accès. Ce tableau ci-dessous présente les cmdlets PowerShell essentielles pour cette tâche :
| Cmdlet PowerShell | Objectif | Contexte d’utilisation |
|---|---|---|
| Get-Acl | Extraire les permissions NTFS | Serveur de fichiers source |
| Get-ADGroup | Lister les groupes Active Directory | Environnement on-premises |
| Get-MgGroup | Vérifier les groupes Microsoft 365 | Azure Active Directory |
| Set-SPOUser | Attribuer les permissions SharePoint | SharePoint Online cible |
Une revue périodique des droits d’accès après la migration permet de maintenir une gouvernance stricte et d’ajuster les permissions en fonction de l’évolution des besoins métier. La prochaine section explorera comment structurer les bibliothèques SharePoint pour faciliter cette gestion continue.
Mettre en place la stratégie de gouvernance et de gestion des accès
La gouvernance post-migration impose de définir des processus clairs pour sécuriser et maintenir les permissions dans Microsoft 365. Un plan de gouvernance des permissions SharePoint efficace garantit que seuls les utilisateurs autorisés accèdent aux ressources sensibles, tout en facilitant la collaboration.
Mettre en œuvre des processus de certification et revue d’accès
Les revues d’accès périodiques constituent une brique essentielle des meilleures pratiques de gouvernance des permissions. D’après Microsoft, il existe trois groupes SharePoint principaux (Propriétaires, Membres, Visiteurs) pour gérer les niveaux d’accès au site (Source : Microsoft — 2024-10-09). Ces groupes doivent faire l’objet de certifications trimestrielles : les propriétaires de sites vérifient que chaque membre dispose toujours d’un besoin métier justifiant son niveau de permission. L’automatisation de ces campagnes via le Centre d’administration SharePoint ou des outils tiers réduit la charge administrative et améliore la traçabilité. La DSI doit également documenter les critères de validation et archiver les approbations pour répondre aux exigences réglementaires.
Gérer les accès privilégiés et les administrateurs locaux
L’application de la politique de moindre privilège dans Microsoft 365 limite les risques de compromission. Les comptes à privilèges élevés (administrateurs globaux, administrateurs SharePoint) ne doivent être attribués qu’aux personnes strictement nécessaires, et pour une durée déterminée. L’organisation des groupes de sécurité pour SharePoint et Teams repose sur des rôles fonctionnels : séparez clairement les profils métier (RH, Finance, Commercial) des profils IT. Activez l’authentification multifacteur (MFA) obligatoire pour tout compte administrateur et envisagez Privileged Identity Management (PIM) pour valider chaque élévation temporaire. Enfin, interdisez l’usage de comptes personnels pour les tâches d’administration et tracez chaque action sensible dans les journaux d’audit.
Appuyer la gouvernance via Microsoft Purview pour audit et conformité
Microsoft Purview centralise l’audit des accès et journalisation SharePoint en collectant les événements de consultation, modification et partage de fichiers. Configurez des alertes automatiques pour détecter les modifications massives de permissions ou les téléchargements suspects. Les rapports d’audit doivent être exportés mensuellement et conservés selon la politique de rétention définie par la DSI. Le tableau ci-dessous récapitule les principales fonctionnalités de Purview pour la gouvernance des accès :
| Fonctionnalité | Usage | Fréquence recommandée |
|---|---|---|
| Audit unifié | Suivi des actions utilisateur et admin | Temps réel |
| Alertes de conformité | Détection des anomalies de permissions | Temps réel |
| Rapports d’activité | Analyse des tendances d’accès | Mensuelle |
| Étiquettes de sensibilité | Classification automatique des contenus | À la création |
En complément, associez des politiques d’accès conditionnel pour bloquer les connexions depuis des emplacements non approuvés ou depuis des appareils non conformes. Cette architecture en couches renforce la posture de sécurité et prépare la transition vers des audits plus approfondis de l’écosystème collaboratif.
Sécuriser et contrôler la migration des permissions en production
La sécurité des accès reste primordiale lors de l’exécution d’une migration vers SharePoint Online : chaque utilisateur doit conserver ses droits métier sans interruption de service, tandis que la définition des rôles et responsabilités d’accès aux documents garantit la conformité du nouvel environnement collaboratif.
Créer les groupes de migration dans le portail Microsoft 365 avant lancement
D’après BitTitan, un groupe de sécurité nommé MigrationWiz doit être créé dans le portail Office 365 et attribué au rôle Membre pour assurer la planification des permissions SharePoint Online lors d’une migration de serveur de fichiers (Source : BitTitan — 2026-01-28). Cette étape évite les blocages liés aux droits insuffisants et permet à l’outil BitTitan MigrationWiz de lire, copier et appliquer les autorisations sources dans Azure AD. En parallèle, il est recommandé de créer un groupe d’administration distinct pour piloter les opérations sensibles et limiter la surface d’exposition selon le modèle Zero Trust.
Attribuer les licences nécessaires aux utilisateurs de migration
Chaque compte technique ou utilisateur impliqué dans le processus doit disposer d’une licence Microsoft 365 valide avant le lancement. L’Office 365 Admin Portal centralise l’attribution : sélectionnez les comptes du groupe MigrationWiz, vérifiez que SharePoint Online figure bien dans les services activés, puis appliquez la licence. Sans cette étape, les bibliothèques de destination restent inaccessibles et la copie échoue silencieusement. Il est également judicieux de réserver quelques licences temporaires pour les tests de bout en bout, en particulier si vous migrez des fichiers volumineux ou des structures d’héritage complexes.
Vérifier la cohérence des permissions une fois la migration terminée
Une fois les données transférées, un audit complet s’impose pour valider la sécurisation des bibliothèques SharePoint et détecter les écarts entre les permissions sources et cibles. Plusieurs scénarios justifient cette vérification : groupes locaux non résolus dans Azure AD, héritages rompus manuellement, ou utilisateurs orphelins absents du tenant. Un outillage pour analyser et corriger les permissions SharePoint simplifie cette tâche en produisant un rapport différentiel et en proposant des corrections automatisées. Le tableau suivant récapitule les contrôles prioritaires :
| Élément | Contrôle attendu | Action corrective |
|---|---|---|
| Groupes de sécurité | Tous résolus dans Azure AD | Mapper ou recréer les groupes locaux manquants |
| Utilisateurs orphelins | Aucun SID non résolu | Supprimer ou réattribuer les permissions |
| Héritage des dossiers | Cohérent avec la structure source | Rétablir l’héritage ou documenter les exceptions |
| Niveaux de permission | Lecture, Contribution, Contrôle total mappés | Ajuster les rôles SharePoint Online |
Cette phase de contrôle clôt la mise en production et prépare le terrain pour une gouvernance continue, sujet que nous aborderons dans le chapitre suivant consacré aux bonnes pratiques post-migration.
Conclusion
Une planification rigoureuse des permissions et groupes de sécurité SharePoint Online constitue le socle d’une migration de serveur de fichiers réussie et d’une gouvernance durable.
Le récapitulatif des bonnes pratiques démontre qu’un modèle de sécurité durable repose sur l’application systématique de la politique de moindre privilège, une stratégie de gestion des autorisations dans Microsoft 365 clairement documentée, et un schéma de permissions pour les données collaboratives aligné avec les besoins métiers. Le DSI, l’Administrateur Système et le Chef de Projet doivent collaborer étroitement pour maintenir ce cadre.
La gouvernance des permissions SharePoint exige une revue régulière des accès, idéalement trimestrielle, afin d’identifier les permissions obsolètes et de garantir le renforcement de la sécurité Microsoft 365. Selon Microsoft, la migration des groupes de sécurité activés pour la messagerie peut impacter directement les autorisations dans SharePoint Online (Source : Microsoft — 2025-02-25), ce qui souligne l’importance d’une vigilance accrue durant la phase de transition.
Enfin, cette démarche s’inscrit dans la modernisation du travail collaboratif via Microsoft 365, transformant la simple migration technique en opportunité stratégique pour structurer durablement l’environnement collaboratif de l’entreprise.
FAQ
